Décès d'un frontalier : protéger ceux qui restent
Quand on travaille en Suisse et qu'on vit en France, le décès met en jeu trois systèmes à la fois : AVS, 2e pilier et retraite française. Selon votre situation de couple, votre partenaire peut être très bien protégé… ou pas du tout. Voici comment ne rien laisser au hasard.
Au décès, tout ne se transmet pas automatiquement.
Un frontalier laisse derrière lui des droits suisses (AVS, 2e pilier) et français (retraite, patrimoine). Mais chacun obéit à ses propres règles : le mariage ouvre presque tout, le PACS et le concubinage beaucoup moins. La bonne nouvelle : ce qui n'est pas couvert par défaut peut être organisé à l'avance.
1. Ce que touche le survivant : marié, pacsé ou en concubinage
| Au décès | Marié | Pacsé | Concubin |
|---|---|---|---|
| Rente de survivant AVS (1er pilier suisse) | Oui | Non | Non |
| 2e pilier (prestation de survivant) | Oui | Selon règlement + désignation | Selon règlement + désignation |
| Réversion française (CNAV) | Oui | Non | Non |
| Succession (droits en France) | Exonéré | Exonéré | Taxé 60 % |
Repères 2026. L'AVS de survivant représente en principe 80 % de la rente vieillesse du défunt ; la réversion CNAV, 54 % (dès 55 ans, sous conditions de ressources). Le détail dépend de votre situation.
2. Le piège du PACS et du concubinage
Côté 2e pilier, rien n'est automatique non plus pour un partenaire non marié : une prestation n'est possible que si le règlement de la caisse le prévoit et si vous avez désigné votre partenaire par écrit (en général : vie commune d'au moins 5 ans, enfant commun ou dépendance économique). C'est à vérifier caisse par caisse.
3. Comment protéger vos proches
Désigner au 2e pilier
Vérifier le règlement de votre caisse et déposer une désignation de bénéficiaire au profit du partenaire.
L'assurance-vie
Clause bénéficiaire libre : 152 500 € exonérés par bénéficiaire (primes versées avant 70 ans). Le meilleur outil pour un partenaire non marié.
Évaluer le mariage
Si la réversion AVS + CNAV est stratégique (revenus très inégaux), le mariage reste le seul moyen de l'ouvrir.
4. La succession France-Suisse
Le conjoint marié et le partenaire pacsé sont totalement exonérés de droits de succession en France. Le concubin, lui, est traité comme un tiers : 60 % au-delà d'un abattement de 1 594 €, et il n'hérite de rien sans testament. Pour un patrimoine constitué en partie en francs (2e pilier, comptes suisses), anticiper la transmission évite des frottements fiscaux des deux côtés de la frontière.
Pour aller plus loin : transmission & succession du frontalier et la pension de réversion expliquée.
Le décès, personne n'aime en parler. Mais c'est justement l'absence de plan qui fait mal : un partenaire pacsé qui se retrouve sans rente, une succession taxée à 60 %. En une réunion, on sécurise l'essentiel.
5. Les démarches au décès
- Déclarer le décès (mairie) et obtenir plusieurs actes de décès.
- Prévenir la caisse de compensation AVS et la caisse de pension suisse (2e pilier) du défunt.
- Contacter la CNAV / CARSAT pour la retraite française et l'éventuelle réversion.
- Informer les banques (France et Suisse) et l'assureur-vie (mise en jeu de la clause bénéficiaire).
- Voir un notaire pour la succession, surtout en présence de patrimoine en francs.
Questions fréquentes
Mon partenaire pacsé touchera-t-il ma rente AVS à mon décès ?
Non. L'AVS ne verse de rente de survivant qu'au conjoint marié (ou partenaire enregistré suisse). Le PACS n'est pas reconnu. Il faut protéger le partenaire autrement (2e pilier, assurance-vie).
Et mon 2e pilier ?
Le conjoint et les enfants y ont droit. Pour un partenaire non marié, c'est possible seulement si le règlement de la caisse le prévoit et si vous l'avez désigné par écrit. Vérifiez votre règlement.
Le concubin peut-il hériter ?
Sans testament, non. Avec testament, oui, mais les droits de succession atteignent 60 %. L'assurance-vie est alors le meilleur moyen de le protéger.
Pour aller plus loin
Mettons votre situation à l'abri.
Marié, pacsé ou en concubinage : en un échange, on identifie ce qui n'est pas couvert et comment y remédier. Le premier rendez-vous est offert.
Premier échange offert →— Manifeste —
Vous êtes frontalier, pas bénévole du Trésor Public.
Zone d’intervention
La Maison du Frontalier accompagne les frontaliers travaillant en Suisse, de la Région 3 Frontières et du bassin bâlois : Saint-Louis, Hésingue, Hégenheim, Huningue, Village-Neuf, Blotzheim, Sierentz, Altkirch, Mulhouse et Colmar — ainsi que l’ensemble du Sundgau. Nous intervenons dans le Haut-Rhin et plus largement en Alsace.